Article Volume 66:2

Religious Challenges to Anti-Discrimination Law: The Mobilization of the “Minority Label”

In 2018, the American and Canadian supreme courts released two high-profile decisions: the case of a Christian baker from Colorado who refused to create a cake for the celebration of a same-sex couple’s union, and the case of an evangelical Christian law school in British Columbia whose code of conduct prohibiting same-sex intimacy led to accreditation refusals by three provincial law societies. In both cases, religious believers argued that modern LGBTQ2+ anti-discrimination protections required them to act in ways that proved incompatible with their religious beliefs. While such “conflict of rights” are familiar to liberal democracies, this article demonstrates how these cases operate within a new paradigm in which religious actors, seeking exemptions from legal protections accorded to a vulnerable minority, claim minority status for themselves. Hoping to have their policy agenda seen in a new light, such opponents of LGBTQ2+ rights have replaced their discourse defending traditional mores with one arguing that the broadly cherished value of pluralism guarantees them a religious right to “dissent” from anti-discrimination protections. We dub this discursive process the mobilization of the “minority label.”

In this article, we retrace the emergence of this new discourse by turning to the narratives crafted by parties, courts, and media in the two cases. We discuss the three main argumentative strategies through which the minority label manifests in discourses: language framing, moral symmetry arguments, and respectability claims.

We then offer a comparative analysis which explores the different ways both courts reacted to this discourse. We conclude with a brief discussion of some of the long-term risks that the rise of such a discourse implies for LGBTQ2+ rights.

En 2018, les cours suprêmes états-unienne et canadienne ont rendu deux importantes décisions. La première concernait un pâtissier chrétien du Colorado ayant refusé de préparer un gâteau pour célébrer l’union d’un couple gai. La seconde visait une faculté de droit chrétienne évangélique de Colombie-Britannique munie d’un code de conduite interdisant les rapports intimes entre personnes de même sexe, code ayant poussé trois barreaux provinciaux à refuser son accréditation. Dans ces deux décisions, des personnes et institutions religieuses ont soutenu que les garanties juridiques contre la discrimination dont bénéficient aujourd’hui les personnes LGBTQ2+ les contraignaient à agir d’une manière incompatible avec leurs croyances religieuses. Bien que de tels « conflits de droits » soient usuels dans les démocraties libérales, cet article démontre que ces décisions s’inscrivent dans un nouveau paradigme. Ici, des justiciables croyants souhaitant se soustraire à des obligations juridiques visant la protection d’une minorité vulnérable, revendiquent maintenant le statut de minorité pour eux-mêmes. Ainsi, notamment dans l’espoir que leur agenda politique soit vu sous un nouveau jour, ces justiciables s’opposant aux droits des personnes LGBTQ2+ ont troqué leur discours défendant des mœurs conservatrices pour un discours affirmant que la valeur largement prisée du pluralisme leur garantit un droit religieux à la « dissidence » quant aux dispositions juridiques anti-discrimination. Nous nommons ce procédé rhétorique la mobilisation de l’« étiquette de minorité ».

Dans cet article, nous retraçons l’émergence de ce nouveau discours en nous penchant sur les narratifs mis de l’avant par les parties, les tribunaux et les médias dans les deux décisions. Nous traitons des trois principales stratégies argumentatives à travers desquelles l’étiquette de minorité se manifeste dans les discours : l’adoption d’un certain champ langagier, les arguments de symétrie morale et les revendications ayant trait à la respectabilité.

Nous proposons ensuite une analyse comparative qui explore les différentes manières par lesquelles les deux cours ont réagi à ce discours. Nous concluons par une brève discussion concernant certains des risques à long terme que la montée d’un tel discours implique pour les droits des personnes LGBTQ2+.

* Léa Brière-Godbout, S.J.D. Candidate, Vanier Scholar, Viscount Bennett Fellow, Faculty of Law, University of Toronto (she/elle). Marie-Andrée Plante, D.C.L. Candidate, Faculty of Law, McGill University (she/elle). This paper was first presented at the Younger Scholars Forum at the General Congress of the International Academy of Comparative Law in 2018, in Fukuoka, Japan and at the 13th Summer Institute of Jurilinguistics in 2019, at the Paul-André Crépeau Centre for Private and Comparative Law, McGill University, Montreal, Canada. We would like to thank the participants for their helpful comments. All errors are our own.

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